- (1705) Emprunté au grec ancien ἐξήγησις, eksếgêsis, (du grec ancien ἐξηγέομαι, eksêgéomai « mener hors de » ), « explication, commentaire, interprétation ».
- Explication grammaticale et étymologique d'un texte ancien difficile, assortie d'un commentaire savant et d'une interprétation.
- L’exégèse du code ou des arrêts correspond au commentaire des textes législatifs ou de la jurisprudence.
- L’exégèse historique correspond à l’interprétation des textes historiques.
- (En particulier) (Religion) Étude approfondie d'un texte et en particulier d'un texte sacré ancien. Commentairephilologique, explication historique, et interprétation de la Bible.
- La liberté, où tant d'étourdis se trouvent portés du premier bond, fut pour moi une acquisition lente. Je n'arrivai au point d'émancipation que tant de gens atteignent sans aucun effort de réflexion qu'après avoir traversé toute l'exégèse allemande. Il me fallut six années de méditation et de travail forcené pour voir que mes maîtres n'étaient pas infaillibles. — (Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, 1897)
- La supériorité des juifs, en matière d'exégèse biblique, est si manifeste qu'elle provoque souvent la conversion au judaïsme de membres du Clergé, …. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
- (Figuré) ou (Ironique) Explication d'un écrit, rendue nécessaire par son caractère prétentieux et alambiqué.
- On lui remet une feuille jaune : « Renseignements généraux concernant les mariages. » (…) [Il devra] se faire administrer une exégèse de la feuille jaune <par son notaire>. — (Montherlant, Les Lépreuses,1939)
- Pour Kouchner, l’exégèse laborieuse de ses propres déclarations avait aussi pour objectif de se démarquer un tant soit peu des positions américaines sur la question du nucléaire iranien. — (Libération (journal), 22 septembre 2007)
- Finalement, on cherche l’exégèse en toute chose. — (David Foenkinos, La délicatesse, 2009)
- Du grec ancien ἐπαναδίπλωσις, epanadíplôsis, de ἐπί, epí (« sur »), ἀνά, aná (« de nouveau ») et διπλόος, diplóos(« double »).
- Figure rhétorique de répétition affectant la position d’un mot. La figure apparaît lorsque, de deux propositions corrélatives, l’une commence et l’autre finit par le même mot, lorsqu’il s’agit de deux propositions uniquement. C’est la reprise en fin de phrase d’un mot, voire d’une locution située au début de proposition qui permet des jeux mélodiques et rythmiques qui ont pour effet de suggérer l’insistance ou l’humour ou de mettre en valeur un mot, un groupe de mots ou une idée.
- En musique, l’épanadiplose est une ressource d’effets mélodiques des comptines :« Alouette, gentille alouette ! Alouette je te plumerai… »
- J’ai eu beau lire Hô Chi Minh dans le texte, traduire Marx en hittite classique, me livrer à une analyse stylistique des épanadiploses du Petit Livre rouge, réaliser une transcription oulipienne de la pensée de Lénine, j’ai eu beau offrir le communisme en pâture à ma réflexion, ou inversement, je n’ai pas pu dépasser les conclusions de mes cinq ans. — (Amélie Nothomb, Le Sabotage amoureux, page 22, 1993, Albin Michel, éd. 2011)
- Du latin volens (« voulant ») et nolens (« ne voulant pas »).
- Qu’on le veuille ou non.
- Jésus ne sera plus un prophète de plus dans une longue lignée (comme le voient les musulmans, avec quelque bon sens), ce sera le Messie dont tous les prophètes, volens nolens, avaient préparé la venue. — (Régis Debray,Dieu, un itinéraire, 2001)
- (Droit) Qui est indépendant de la volonté des parties.
- Du latin in cauda venenum (dans la queue le venin), qui vient de la description par les Romains du scorpion dont la queue est venimeuse, qui se prend dans cette expression au sens figuré.
- Se dit d’un texte ou d’un discours débutant gentiment, ce qui relâche le lecteur, et finissant soudainement sur un tontranchant et méchant.
- Ce texte vous flatte dès le début, mais il fait très mal à la fin : in cauda venenum.
- (xvi e siècle) Du latin tautologia, lui-même du grec ancien ταὐτολογία, tautologia (« id. »), dérivé de ταυτολόγος,tautologos (« qui redit la même chose »), composé de ταὐτό, tauto, crase attique pour τὸ αὐτό, to auto neutre de ὁαὐτός, o autos (« le même ») et λόγος, logos (« parole »).
- (Rhétorique) Répétition inutile, volontaire ou non, d’une même idée en différents termes.
- Le slogan « 100% de nos clients achètent nos produits » est une tautologie.
- Expression qui présente cette répétition de façon figée par l'usage.
- au jour d’aujourd’hui est une tautologie qui répète le sens déjà inclus dans aujourd’hui, lequel est, mais on l’a oublié, une ancienne tautologie puisque hui provient du latin hodie qui signifie « aujourd’hui ».
- (Logique formelle) Proposition toujours vraie, quel que soit le modèle dans lequel elle s'instancie.
- La tautologie est cette forme dégénérée de la liaison qui demeure vraie quelles que soient les valeurs de vérité des propositions qu'elle combine ; la proposition « p ou non p », par exemple, est vraie indépendamment de tout constat, puisqu'elle l'est pour p vraie comme pour p fausse. — (Encyclop. univ. t. 16 1973, p. 997)
- (1738) Origine obscure. Peut-être du grec ancien ἀμφί /ἀμφίς, amphí / amphís (« autour, autour de ») et ἀγορεύω,agoreúô (« parler en public ») [1], ou γυρεύω, gureúô (« faire tourner ») Référence nécessaire.
- Figure de rhétorique qui consiste à écrire un discours ou un texte de manière volontairement burlesque, obscure ou inintelligible.
- Un amphigouri composé sur un air d’opéra.
- Ils ont laissé couler leur plume sans se prescrire d’autre règle que celle de la versification et de la langue, ne comptant pour rien le bon sens; c’est ce que les Français ont appelé amphigouri. — (Mathieu Brunet, L’appel du monstrueux: pensées et poétiques du désordre en France au XVIIIe siècle, 2008)
- (Par extension) Propos désordonné dont les phrases mal construites et le vocabulaire incertain, n’aboutissent à aucun sens satisfaisant. Discours confus, embrouillé et obscur.
- Il prend son amphigouri pour une contribution savante.
- Il tourne autour du sujet sans savoir de quoi il parle: c’est un véritable amphigouri d’un bout à l’autre.
- De par l'orteil de Brama, j'ai fait un prodige; j'ai retenu son amphigouri mot pour mot, bien qu'il soit tellement dénué de sens et de clarté, que si vous m'en donniez une fine et critique exposition, vous me feriez, madame, un présent gracieux.
— ( Diderot, Les bijoux indiscrets, 1748)
- – Qui êtes-vous et que voulez-vous?
L'autre salua militairement:
–Qui je suis?... N'y a pas de devinette... On va s'obtempérer l'honneur de vous l'inculquer sans embarras, tergiversation, amphigouri ni verbiage...
Il prit la position du soldat dans le rang:
–Népomucène Briquet, (…).
Puis, scandant les mots:
–Présentement, rentré dans le civil et homme de confiance de mon ami Roger de Saint-Pons, dont j'ai eu l'avantage superlatif, incohérent et incombustible d'être le camarade de lit pendant son volontariat...
— ( Blondet, La filleule de Lagardère; II L'héritière, 1885)
- De Priape.
- (Désuet) Pièce de poésie obscène, peinture licencieuse…
- Les priapées sont des fêtes en l’honneur du dieu des jardins.
- (Littéraire) Orgie sexuelle.
- C’était au printemps […] les fleurs du ghetto avaient beau être laides, elles n’en faisaient pas moins leur boulot de fleurs […]. Il y avait de la priapée dans l’air. — (Amélie Nothomb, Le Sabotage amoureux, page 114, 1993, Albin Michel, éd. 2011)